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Quels sont les enjeux de l’intelligence artificielle pour l’automobile ?

La course à l’intelligence artificielle a débuté pour les groupes automobiles

Les principaux constructeurs automobiles sont lancés dans la course à l’intelligence artificielle depuis quelques années. L’objectif est clair : être capable de développer une voiture 100% autonome. Mais avant d’en arriver là, découvrons les différents enjeux auxquels ils sont confrontés pour pouvoir développer l’intelligence artificielle de demain.

Pourquoi l’intelligence artificielle est un enjeu majeur pour l’automobile

Depuis quelques temps, l’intelligence artificielle est devenue un sujet central pour les constructeurs automobiles. Ce constat a deux explications majeures : une quête de différenciation sur le marché du haut-de-gamme et un passage obligé pour inventer la voiture autonome de demain..

L’intelligence artificielle, une technologie qui fait la différence

Avant tout autre chose, il convient de rappeler ce qu’est l’intelligence artificielle dans les grandes lignes. Il s’agit d’une technologie qui permet à un véhicule d’adapter son comportement aux différentes situations qu’il rencontre et de s’améliorer en apprenant. Bien que l’intelligence artificielle nous semble digne d’un film de science-fiction, elle est d’ors et déjà utilisée par le monde automobile. En effet, les dernières voitures commercialisées disposent bien souvent d’une forme primaire d’intelligence artificielle. Il peut s’agir d’un système de conduite semi-autonome, de cybersécurité, d’alerte de dépassement de ligne ou encore d’un assistant virtuel. Bien que l’usage de cette technologie soit encore basique, il est un critère de différenciation important sur le marché du haut-de-gamme.

La voiture autonome et l’intelligence artificielle : un duo inséparable

Mais si les constructeurs automobiles misent sur l’intelligence artificielle, c’est avant tout pour préparer l’avenir. Avec l’arrivée de la voiture autonome, prévue pour 2020 ou 2025, les acteurs du monde auto se doivent d’inventer un système capable de gérer le véhicule sans aide extérieure, autrement dit un système d’intelligence artificielle. Il faut savoir que la donne est simple : c’est celui qui aura la voiture la plus intelligente qui dominera le futur marché des véhicules autonomes. Mais avant d’en arriver là, les groupes ont de nombreux défis à relever.

Les différents chantiers de l’intelligence artificielle

Bien qu’elle soit déjà à l’ordre du jour, la création d’une véritable intelligence artificielle est loin d’être d’actualité pour le moment. Il faut dire aussi que les chantiers sont encore nombreux. De la capacité à reconnaitre son environnement, en passant par la prédiction des obstacles et la reconnaissance vocale, l’intelligence artificielle devra répondre à de multiples objectifs.

La reconnaissance de son environnement et des obstacles

Dans leur course au développement de l’intelligence artificielle, les constructeurs automobiles font face à un premier chantier d’envergure : la capacité d’un véhicule à reconnaitre son environnement. En effet, pour pouvoir être autonome, la voiture devra avoir une parfaite connaissance des lieux où elle se trouve : virage, carrefour, panneaux de signalisation, vitesse autorisée, etc. Mais pour y parvenir, les groupes automobiles se voient dans l’obligation d’accumuler un maximum de données et de cartographier l’ensemble des routes. On comprend dès lors pourquoi Google, à travers la Google Car, a une avance de taille dans le domaine.
Outre la connaissance de son environnement direct, l’intelligence artificielle devra être capable de remarquer qu’un événement inhabituel s’est produit, tel qu’un accident ou la présence de verglas. Pour ce faire, les constructeurs réfléchissent de plus en plus à des systèmes de communication car-to-car et car-to-X. Ces derniers permettront aux véhicules de communiquer avec une infrastructure centrale, mais aussi entres elles afin de s’avertir de leur présence ou d’un éventuel accident.

La faculté de comprendre et d’apprendre

L’accumulation d’un maximum de données et la faculté des véhicules à reconnaître leur environnement sont deux objectifs que les constructeurs devraient rapidement atteindre. Pourtant, ce sera loin d’être suffisant pour développer une voiture autonome sûre. En effet, le principal défi des groupes est ailleurs : il faudra que l’intelligence artificielle soit capable d’apprendre par elle-même et de s’adapter.
À l’image d’une personne se formant au permis de conduire, l’intelligence artificielle devra être en mesure d’améliorer son comportement à chacune de ses sorties. En fonction de ce que la voiture autonome aura pu rencontrer durant un trajet, elle aura comme objectif de pouvoir tirer profit de cette expérience pour s’adapter aux prochaines utilisations. Ainsi, l’ordinateur de bord pourra prendre des décisions face à des situations pour lesquelles il n’a pas été programmé et apprendre au fur et à mesure. C’est dans cette optique que le machine learning, ou deep learning chez certains constructeurs, est un enjeu central. Ce procédé vise à ce que la voiture puisse totalement comprendre son environnement. Pourtant, il faudra encore attendre quelques années pour qu’il soit applicable sur les routes.

Intelligence artificielle, les constructeurs automobiles multiplient les investissements

Afin d’être prêt pour la date fatidique de la commercialisation de la première voiture autonome, les constructeurs automobiles multiplient les investissements. Mis à part Tesla, c’est certainement Toyota qui a été le pionnier en la matière. Le groupe nippon avait déjà investi un milliard de dollars dans l’intelligence artificielle en 2015. De son côté, Ford a annoncé en 2017 un plan d’investissement sur 5 ans d’un milliard de dollars également. Le constructeur américain s’est ainsi payé les services d’Argo AI, une start-up spécialisée dans les technologies d’intelligence artificielle. Malgré tous ces effets d’annonce, il est encore difficile de savoir où en sont les différents acteurs du monde automobile, tant le sujet est concurrentiel et secret.
Rare exception : Audi. Le groupe allemand a dévoilé au CES 2017 de Las Vegas son partenariat avec Nvidia. Ensemble, ils ont fait la démonstration de leur voiture autonome utilisant un système d’intelligence artificielle, nommé Deep Learning. Son principe est très simple. Le véhicule connaît les règles de base de la conduite (tourner ou s’arrêter devant un obstacle). Un conducteur réalise un parcours et l’intelligence artificielle étudie son comportement, analyse ses éventuelles erreurs et apprend instantanément. Ensuite, le véhicule réalise un circuit différent, mais seul cette fois-ci. Grâce aux connaissances accumulées, il adapte son comportement aux différentes situations apprises : arrêt face à un feu rouge, changement de direction face à un obstacle, activation du clignotant pour doubler etc. Cette démonstration marque, à n’en pas douter, un grand pas dans le développement de l’intelligence artificielle de demain.

Sujet central pour permettre le développement de la voiture autonome, l’intelligence artificielle doit encore faire face à de nombreux défis avant d’être efficace. Mais lorsqu’on a connaissance des nombreux investissements des constructeurs, des différentes innovations et des premiers essais, force est de constater que nous sommes de plus en plus près du but. Une seule question reste en suspens : l‘intelligence artificielle sera-t-elle au point pour 2020 et la commercialisation des premières voitures autonomes ? L’avenir nous le dira.

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